Caractéristiques cliniques et évolutives des patients diabétiques atteints de COVID-19 : une étude prospective

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M Lebdjiri
A Mammeri
N Aitsaid
S Grine
I Bradaia
L Hadjene
N Toudji
A Ammi
O Hocine
F Hamrour
D Tagzout
S Driad
S Gheddab
M Meziani
Y Benjama
H Mansouri
W Mobarki
M Aouadi
A Hamdi
R Guergour
A Merdaci
H Bouaziz
H Brahimi
A Tebaibia

Résumé

INTRODUCTION
Le diabète est l’une des comorbidités les plus notées chez les patients atteints
de COVID-19. Il apparait comme un facteur de risque d’évolution vers des
formes sévères, voir critiques de la maladie. Le but de notre étude est d’analyser
les caractéristiques cliniques, et évolutives d’une cohorte de patient
diabétiques infectés par le SARS COv2.
MATÉRIELS ET MÉTHODES
Etude prospective, monocentrique, ayant inclus 1008 patients sur une
période de six mois (Avril-Septembre 2020). Le diagnostic étant retenu sur un
test RT-PCR positif et/ou des lésions à la TDM thoracique compatibles.
RÉSULTATS
Nous avons inclus 236 diabétiques (23%) avec un sex-ratio de 1.05 et un âge
moyen de 63±12ans. Le diabète type I était rare (1%), et 4% des diabétiques de
type II étaient méconnus. La présence de comorbidités était fréquente : HTA
(63.6%), dyslipidémie (9.3%), cardiopathie ischémique (9.3%), arythmie
cardiaque (4.2%) et insuisance rénale chronique (5.1%). Nous avons noté
l’existence d’une maladie respiratoire chronique dans 8% des cas, tandis que
les cancers et les maladies inflammatoires chroniques étaient plus rares
(0.8% dans chaque groupe). Les signes cliniques les plus fréquents étaient
l’asthénie (77.5%), la toux sèche (62%), l’anorexie (39%) et les myalgies (35%).
L’agueusie et l’anosmie étaient notées chez 35% et 26% des patients respectivement,
tandis que la dyspnée était moins fréquente (20%). Une lymphopénie
était retrouvée dans 56.7% des cas, une CRP élevée dans 36.9%, et une VS
accélérée dans 47%. Une cytolyse hépatique était notée chez 62% des
diabétiques. La moitié des patients avaient une PCR positive tandis que la
TDM thoracique a objectivé une atteinte sévère dans 7.2% des cas.
L’azithromycine et l’hydroxychloroquine ont été prescrits dans 90.5% et 70%
des cas respectivement alors que le recours à la corticothérapie était plus rare
(12.7%). La prescription d’un traitement anticoagulant était fréquente, à visée
préventive (70%) ou curative (14.4%), alors que celle d’une oxygénothérapie
l’était moins (9%). Certains patients ont développé une complication métabolique
à type de déshydratation (4%), de cétose diabétique (2.5%) ou de coma
hyperosmolaire (1.3%). L’évolution était favorable chez la plupart des patients
(96.18%), nous avons noté 5 décès et 4 transferts en soins intensifs.
CONCLUSION
Nos patients diabétiques semblent être particulièrement vulnérables à
l’infection COVID-19, avec un risque non négligeable de développer une forme
sévère et des complications métaboliques. Le suivi de ces patients durant
l’année qui suit leur hospitalisation fait l’objet d’un travail en cours.

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