La fièvre méditerranéenne familiale : Etat des lieux d’une maladie rare.
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Résumé
Résumé:
La fièvre méditerranéenne familiale (FMF) ou fièvre méditerranéenne périodique est une maladie génétique autosomique récessive, qui se manifeste par des accès brefs et récurrents de fièvre accompagnée d’une inflammation des séreuses à l’origine de douleurs abdominales, thoraciques et articulaires. Sa complication majeure réside dans le risque de survenue d’une amylose rénale [1].
La FMF fait partie des maladies dites auto- inflammatoires héréditaires et est la cause la plus fréquente des fièvres récurrentes héréditaires. Elle est répandue chez les sujets originaires du pourtour méditerranéen principalement les arméniens, les turcs, les juifs sépharades, et les arabes[2].
Le gène responsable de la FMF, appelé MEFV, est localisé sur le chromosome 16 (16p13.3) et code pour une protéine nommée pyrine, impliquée dans la réponse inflammatoire et l’apoptose[3]. Près de 400 variants de séquence du MEFV ont à ce jour été identifiés. Cinq mutations principales : M680I, M694V, M694I et V726A dans l’exon 10 et E148Q dans l’exon 2, sont responsables de plus de 85% des cas de FMF[4].
Le diagnostic de la FMF repose sur un faisceau d'arguments cliniques et anamnestiques, et est confirmé par l’analyse génétique du gène MEFV.
Les nouvelles approches de séquençage, l’identification de nouveaux mécanismes moléculaires et l’élargissement considérable de l’éventail des phénotypes liés à MEFV ont permis une meilleure connaissance de la FMF. Des mutations dans l’exon 8 sont responsables de syndromes auto-inflammatoires cliniquement et génétiquement atypiques ; les mutations localisées dans ou proches du codon 242 de l’exon 2 sont à l’origine d’une maladie dermatologique rare cliniquement très différente de la FMF, appelée auto-inflammation associée à la pyrine avec dermatose neutrophilique (PAAND). L’ensemble des phénotypes associés au gène MEFV sont groupés sous le terme générique de maladies auto-inflammatoires associées à la Pyrine (PAAD).
Les avancées dans la connaissance des bases moléculaires de la FMF soulignant le rôle central de l’IL-1β et son implication dans la physiopathologie de la FMF, ont permis de développer de nouveaux médicaments qui ciblent principalement l’IL-1β et qui semblent efficaces pour une meilleure prise en charge des patients résistants ou intolérants au traitement de référence qu’est la colchicine[5].