Caractéristiques des patients hospitalisés en médecine interne pour une infection COVID-19 : étude descriptive de la première vague de l’épidémie à Alger
Contenu principal de l'article
Résumé
INTRODUCTION
A la fin de la première vague de l’épidémie Covid 19 en Algérie, très peu de
données sont connues sur les profils cliniques des patients, de même pour les
modalités de leur prise en charge et les réponses au traitement.
OBJECTIF
Rapporter les caractéristiques cliniques, diagnostiques et évolutives des
patients pris en charge pour une infection au SARS-CoV-2 (severe acute
respiratory syndrome coronavirus 2) dans un service de médecine interne à
Alger en réponse à l’application du protocole national de lutte contre la Covid
19.
PATIENTS ET METHODE
Étude prospective monocentrique sur six mois (12 Avril - 30 septembre 2020)
ayant inclus 1008 patients. Le diagnostic de la Covid 19 était retenu sur des
critères cliniques, radiologiques (TDM thoracique) et/ou immunologiques
(test sérologique rapide et RT-PCR).
RESULTATS
Nous avons inclus 519 (51,5%) hommes et 489 (48,5%) femmes ayant un âge
moyen de 53,24 ± 15,564 ans. Les symptômes cliniques étaient dominés par
l’asthénie (59,5%), l’anorexie (43%) et la toux sèche (51%). L’agueusie et
l’anosmie ont concerné respectivement 35% et 32% des patients, tandis que
seuls 19% des patients étaient dyspnéiques. Nous avons noté une lymphopénie
chez 61% des patients, un taux élevé de CRP chez 28,2%, une VS accélérée
chez 44%, une thrombopénie chez 70% et une cytolyse hépatique chez 21,5%
des patients. La TDM thoracique a objectivé des lésions minimes à modérées
dans 80,3% des cas et sévères dans seulement 6,8% des cas. Nous avons noté
un diabète dans 23,4% des cas, une HTA dans 31% et une cardiopathie
ischémique dans 3,5%. Seuls 25 patients présentaient une maladie inflammatoire
chronique et 12 patients un cancer. Le test sérologique rapide (IgM/IgG)
était positif chez 113 des 244 patients testés tandis que la PCR était positive
chez 529 patients parmi 581 testés. 75% des patients étaient pris en charge en
ambulatoire alors que 25% recevaient des soins à l’hôpital avec une durée
moyenne d’hospitalisation de 10j. L’hydroxychloroquine et l’azithromycine
ont été prescrits chez 62,5% et 92% des patients respectivement avec très peu
d’eets secondaires (5,8%), tandis que la prescription des corticoïdes (8,3%)
et des céphalosporines (18,4%) était plus rare. Une héparinothérapie a été
prescrite dans 69% des cas, principalement à visée préventive (61%) et le
recours à l’oxygénothérapie n’a été enregistré que dans 6% des cas pour une
durée moyenne de 05j. L’évolution a été favorable chez 97,5% des patients,
nous avons noté 15 transferts en réanimation et 10 décès.
CONCLUSION
Dans le contexte pandémique actuel, la situation dans notre population
semble peu inquiétante et bien maitrisée par une prise en charge homogène
et bien codifiée.